Présentation
SEDHIOU EN QUETE DE SON PASSE POUR FORGER SON FUTUR

Pr Balla Moussa DAFFE
Maire de Sédhiou
Grâce à la coopération française, par le biais du projet d’Appui à la Décentralisation et au Développement Local (PADDEL), la commune de Sédhiou est bénéficiaire d’un instrument de planification et d’aménagement territorial : PIC (Plan d’Investissement Communal).

Ce plan décennal (2003-2012) est structuré en deux plans quinquennaux de cinq ans (5 ans) et décliné en plan d’investissements prioritaires annuels .
Les préoccupations de ce plan débordent le périmètre communal de Sédhiou. Sédhiou est en effet une vieille cité coloniale, ancienne capitale administrative de la Casamance naturelle, avant qu'elle ne soit transférée à Ziguinchor en 1908, jadis comptoir économique florissant en bordure du fleuve Casamance au moment où les communications et le transport commercial se faisaient par voie fluviale.

Depuis le transfert de la capitale, la non navigabilité du fleuve Casamance dans sa partie moyenne, le contournement par le sud de son territoire (Ziguinchor - Diattacounda – Tanaff – Kolda – Vélingara) de la voie terrestre bitumée, amputant le chef lieu départemental de la partie sud le son territoire dont l’économie est drainée par Ziguinchor et Kolda, en plus des difficultés d’administration et de Gestion de proximité des arrondissements du sud (Tanaff et Diattacounda). Le département est subdivisé en 03 communes (Sédhiou Goudomp et Marsassoum) et 20 communautés rurales.
Sédhiou est ainsi fortement handicapée dans son développement par son enclavement routier et sa partition en deux entités Nord-sud de son territoire par la frontière naturelle fluviale et dont la liaison se fait par bac ou par pirogue. Il s’y ajoute l’obstacle majeur de la traversée du fleuve gambien par le bac qui pose de sérieuses difficultés à la fois pour le transport des personnes et l’approvisionnement en marchandises et produits de première nécessité à partir de Dakar, notamment pendant l’hivernage.

Ainsi le principal handicap au développement de Sédhiou est lié d’abord à son enclavement à la fois interne et externe.
Les journées culturelles mandingues organisées depuis 1989 à Sédhiou ont beaucoup contribué à sortir Sédhiou de l’oubli en offrant des possibilités intéressantes en matière de développement culturel et touristique. L’autre caractéristique relevée dans le diagnostic est liée au caractère essentiellement rural de la commune de Sédhiou recélant de nombreuses potentialités agricoles insuffisamment exploités sur le plan commercial et des services. Il n’existe aucune unité industrielle de transformation et conservation de ces ressources agricoles (mangues agrumes, bananes, coton, arachides..). Des projets tests de petites unités agro-industrielles ont été réalisées dans le département grâce à l’appui du PRIMOCA (Sésame, Fromagerie …).

Ensuite il est constitué par le manque d’infrastructures, de services et d'unités agro-industrielles et artisanales de transformation de produits du cru ainsi que la formation professionnelle qualifiante. Les activités de loisirs et de tourisme y sont également très peu développées entraînant les jeunes dans le désoeuvrement et le sous emploi qui les conduisent à l’exode. C’est ainsi que malgré ses potentialités, le département de Sédhiou est classé parmi les plus pauvres du Sénégal.

Ce sont les préoccupations ci-dessous mentionnées par les populations elles-mêmes dans les Cadres de concertations spécialement mis en place dans le processus d’élaboration du PIC avec l’appui des techniciens du PADDEL, des services régionaux et départementaux notamment de la planification et de l’aménagement du territoire qui ont permis de procéder au diagnostic et d’identifier les besoins par ordre de priorité.
L’ambition affichée est de restituer à sédhiou son lustre et son leadership d’antan en faisant une véritable locomotive de développement pour son hinterland, un pôle attractif pour attirer l’investissement public et privé tout en levant l’obstacle majeur de son enclavement et en créant les infrastructures de base supports des investissements secondaires publics et privés.

Le plan d’investissement lourd prévu dans le pic est à la mesure de cette ambition. Certains investissements relèvent de la compétence communale avec l’appui de nos partenaires de la coopération décentralisée multilatérale et bilatérale ainsi que la coopération inter – communale. Mais les plus importants investissements, notamment ceux relatifs aux infrastructures de désenclavement relèvent de la compétence de l’état ou par le biais des conventions signées avec les partenaires au développement. Les financements relatifs au programme de reconstruction et de relance économique de la Casamance devraient également profiter au développement de Sédhiou.
Mais d’ores et déjà, nous nous réjouissons de la réalisation de ce PIC grâce à la coopération française qui permet de baliser la voie et d’orienter les investissements selon les priorités dégagées dans une planification rigoureuse, rendant plus crédible et visible notre vision et facilitant notre approche vis à vis des bailleurs de fonds et partenaires au développement.

Nous voudrions ici rendre hommage et remercier très sincèrement la France et tous les techniciens notamment le coordonnateur du PADDEL et tous ses collaborateurs qui nous ont permis de concevoir et d’élaborer cet instrument de planification et de pilotage avec la participation concertée de toute la population active en lieu et place d’un pilotage hasardeux qui était la règle dans nos investissements antérieurs.
Nous sommes d’autant plus satisfaits de la coopération Française qu’en plus du PIC, nous venons de bénéficier d’un financement d’un outil complémentaire de gestion cartographique et numérique : la base de données urbaines en cours d’élaboration par le cabinet international A et C.
Nous avons ainsi bon espoir que la France, partenaire traditionnel et privilégié du Sénégal, continuera de nous accompagner dans la mise en œuvre de ce PIC porteur d’espoirs pour le développement de notre ville. Cet espoir est d’autant plus fondé que Sédhiou constitue l’un des premiers comptoirs coloniaux en Afrique noire francophone.

Nous comptons également sur les partenaires bilatéraux et multilatéraux de développement, telle que la banque mondiale avec l’ADM (PAC) et l’union européenne, l’Italie qui vient de signer une nouvelle convention pour la mise en place d’un fonds local de développement de 2.500.000.000 F CFA pour consolider les acquis du PRIMOCA. Une autre convention de coopération décentralisée a été également signée entre les régions de Toscan et Piémont avec les communes de Sédhiou, Marsassoum et Goudomp.

Nous pensons que ces nouveaux projets et le programme spécifique de relance du développement économique de la Casamance permettront de réaliser nos ambitions et de faire du département de Sédhiou (moyenne Casamance) un nouveau pôle de développement économique de la Casamance voire de l’ériger en collectivité Régionale de tampon et d’équilibre entre la basse Casamance (Région de Ziguinchor) et la Haute Casamance (Kolda et Vélingara). Cela se justifie par tous les atouts historiques, culturels et économiques dont recèlent la moyenne Casamance.
Avec nos sentiments de profonde gratitude et nos vœux de poursuite d’une fructueuse coopération dans l’avenir et avec l’ensemble des partenaires potentiels publics et privés, pour nous accompagner dans la réalisation de nos ambitieux projets de développement de la moyenne Casamance et de son chef lieu de département la ville de Sédhiou qui tout en étant en quête de son riche passé culturel et historique (organisation de journées culturelles biennales de notoriété internationale couvrant tout l’espace mandingue et dont la 5ème édition se déroulera en décembre 2005 sous l’égide de la fondation du Kaabu) entend s’ouvrir vers la modernité pour forger son avenir d’une véritable métropole de développement.
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Pr. Balla Moussa DAFFE
Maire de Sédhiou