Culture
Les Journées Culturelles de Sédhiou
Depuis la première édition organisée en 1989, suivie des éditions de 1993, de 1997 et de 2003, ces manifestations ont toujours été l’occasion de grands rassemblements populaires avec de nombreux participants venant du nord Sénégal et de la Casamance naturelle, de la Gambie, de la Guinée Conakry, de la Guinée Bissau, du Mali, de la Cote d’Ivoire, ainsi que de la Diaspora, notamment noire américaine, autrement dit toute la région soudano sahélienne et plus singulièrement des participants venant de l’espace occupé par l’ancien empire du KAABU (sénégalo guinéo gambien).
Les thèmes majeurs des différentes éditions des journées culturelles de Sédhiou (colloque, expositions artistiques, carnaval folklorique, cérémonies initiatiques, activités sportives et musicales etc. ont été essentiellement consacrées à la renaissance et à la revalorisation de la culture et des faits majeurs de la civilisation mandingue.
En effet, Sédhiou constitue au Sénégal un des foyers ardents de la vitalité de cette culture mandingue, dont les sources remontent à l’expansion d’est en ouest et du nord au sud de cette grande civilisation du Mandé, avec comme figures emblématiques l’empereur Soundiata KEITA et son chef de guerre Tiramakan TRAORE. D’autres illustres personnages méritent également d’être mentionnés Fodé Kaba Doumbouya, Dianké Waly MANE et les princes guerriers Nianthio dont la descendance pérégrina dans les îles du Sine et Saloum, fondant la première dynastie des princes sérères : les Guéléwars), Moussa Molo BALDE, Aoune SANE, Bana Sira BIAYE, bien au-delà de la chute de Kansala par la guerre épique de Tourban (entre peuls et mandingues) la saga de Samory TOURE a tenté vainement de reprendre le flambeau de la renaissance culturelle Mandingue avec la révolution économique des Dioulas qui a accompagné l’expansion islamique par Cheikh Oumar Foutiyou TALL qui a été stoppé à BANDIARA et dont le fils Ahmadou a tenté de reprendre le flambeau.
Au-delà du fait mandingue, Sédhiou fut également, un important carrefour de rencontres, d’échanges, de dialogue et de brassage interculturel intense entre les différentes peuplades venant du nord Sénégal, de la Casamance, de la Gambie, de la Guinée Conakry, de la Guinée Bissau, du Mali, de la Cote d’Ivoire, du Burkina Faso etc. qui s’y sont harmonieusement intégrées avant même l’ère coloniale.
Ce brassage a provoqué une belle mosaïque et une symbiose parfaite consacrant la richesse et la pluralité de son patrimoine culturel qui bien qu’étant à dominante mandingue et musulmane, a permis l’intégration harmonieuse, le métissage culturel, ethnique et biologique voire l’assimilation des différentes minorités ethniques et linguistiques des autres ressortissants de la sous région soudano sahélienne qui ont cependant continué à préserver quelques unes de leurs facettes culturelles et leurs langues maternelles.
Ainsi la particularité et la singularité des Journée culturelles de Sédhiou , par rapport aux manifestations culturelles du même genre qui se déroulent au Sénégal, ont toujours eu pour ambition d’embrasser et d’intégrer le vaste espace culturel mandingue dont les différents pays participants ont comme partage, totalement ou partiellement, la langue MANDINKA avec ses variantes d’expressions dialectales et phonétiques du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest, couvrant environ une quinzaine de pays de la sous région ouest africaine (Officiels, Hommes de culture, Artistes, musiciens, groupes artistiques, folkloriques et sportifs).
Jusqu’à la dernière édition des Journées Culturelles, les manifestations avaient été organisées sous l’égide d’un Comité d’organisation installé pour la circonstance à quelques mois de l’organisation de ces importantes manifestations. Il en résultait des lacunes organisationnelles et d’importants déficits budgétaires, qui ne permettaient pas de capitaliser et de fructifier les nombreux acquis de ces manifestations culturelles en vue d’en faire un véritable facteur de développement pouvant avoir ses incidences notamment sur le développement touristique de la ville de Sédhiou et de son terroir.
La notoriété internationale acquise au fil des différentes manifestations ont mis en exergue les lacunes d’un tel type d’organisation ; c’est pourquoi, à l’issue de la 4ème édition des journées culturelles de Sédhiou une résolution générale a été adoptée permettant d’institutionnaliser et de pérenniser ces Journées Culturelles. C’est ainsi qu’il a été décidé de créer la FONDATION D’ETUDES, DE RECHERCHES POUR LA PAIX, L’INTEGRATION ET LE DEVELOPPEMENT DE L’ESPACE DU KAABU dénommée « WAAKAABU », dont les objectifs et la mission sont consignés dans son appellation. Cette fondation aura désormais à prendre en charge l’organisation des prochaines journées culturelle en faisant appel à toutes les personnes ressources compétentes et à toutes organisations impliquées ou intéressées par la civilisation mandingue et notamment pour une meilleure connaissance de la civilisation du KAABU.
Cette fondation aura comme pour outil principal de développement la création d’une université du même nom, dont l’objectif principal est de promouvoir par le ressourcement culturel, l’éducation, la formation et la communication : la paix, l’intégration et le développement de la sous région soudano sahélienne et plus singulièrement de l’espace Sénégalo Guinéo Gambien (ancien empire du KAABU).